Les sculptures du peuple Asmat

L'art Asmat n'utilise que trois couleurs : le noir, le rouge et le blanc, toutes d'origine minérale ou végétale. Elles sont combinées selon des significations magiques différentes selon les régions, mais généralement :

- Le noir ("sosok") : tiré du charbon introduit la notion de désir chez l'homme et la femme. Il représente les cheveux et la partie pileuse du corps.

- Le blanc ("mbi") : chaux obtenue à partir de coquilles d'une variété de mollusques ou boue de kaolin, assure la protection magique à celui qui s'en enduit le corps et dans la sculpture, représente la peau humaine.

- Le rouge ("wasah") : de l'ocre rouge qui se rapporte au sang, symbolise la force, la colère. Dans la sculpture, il dessine les scarifications.

Le tambour "Eme" : le tambour tubulaire sculpté de motifs de chasse aux têtes en bas-relief est l'instrument principal du peuple Asmat. Il évoque l'objet grâce auquel en chantant et en jouant, Fumeripitz, le héros créateur et premier sculpteur a donné vie à des statues de bois. Le tambour, qui se tient par la ou les poignées entre les bras et les jambes accompagne chansons et danses rituelles à chaque cérémonie. Les tambours "Eme" rythment toute la vie sociale et religieuse du peuple Asmat. Ils sont taillés dans une bûche et ciselés sur toute leur surface des mêmes motifs symboliques que l'on retrouve sur les boucliers. La peau de batterie du tambour est constituée d'une peau de lézard tendue et scellée sur le bois à l'aide d'un mélange composé de sang séché du sculpteur et de chaux humide maintenu par un lien de rotin.

Les boucliers "Jamasj" : Les Asmat donnent à leurs boucliers faits de grandes branches de palétuviers et peints des couleurs Asmat traditionnelles (blanc, rouge et noir) le nom d'un ancêtre plus ou moins récemment décédé dont le porteur du bouclier va devoir venger la mort afin de lui permettre d'atteindre le monde des esprits. Du nom de cet ancêtre parfois puissant, va découler un pouvoir qui va protéger le porteur du bouclier au-delà de simples attaques physiques (lance ou flèche) dont il peut faire l'objet lors de raids de chasses aux têtes.

La fabrication du bouclier peut prendre trois ou quatre semaines avant la fête des boucliers. Tout homme doit être capable de réaliser le sien. Il creuse à l'erminette dans le contrefort de la racine de l'arbre choisi une planche d'environ deux mètres de long et un mètre de large. Après avoir affiné et réduit les imperfections de la planche, lui seul décide de l'ornementation qui ornera son bouclier. Les motifs, reproduits de mémoire varient selon les régions. Simples ou composites, ils revêtent une signification symbolique précise qui n'est pas toujours facile à identifier.

Les sujets représentés sont souvent des éléments naturels animaux variés, (oppossums, chauve-souris etc...), insectes, traces d'insectes, vagues, ornements de nez, coquillages, motifs floraux abstraits et parfois anthropomorphiques plus ou moins stylisés. Arme de protection dans les combats, les boucliers devaient être légers pour permettre un déplacement rapide et suffisamment grand de manière à couvrir le corps entier du guerrier.

Les Asmat croyaient que la mort ne pouvait avoir d'origine naturelle et qu'elle était causée par la guerre ou la magie noire. Dans les deux cas, le défunt devait être vengé par les survivants de sa famille sous peine d'errer sans pouvoir rejoindre le monde spirituel des ancêtres. C'est lors d'une cérémonie de vengeance collective ordonnée par le village (fête des morts) que les mâts des ancêtres était spécialement sculptés.

Le mât est considéré comme une pirogue qui prend les âmes des défunts pour accomplir le voyage vers le pays des morts. Il évoque aussi la fécondité à travers l'aile ajourée qui s'élance de son sommet.

Les mâts des ancêtres sont la matérialisation de la foi des Asmat en la puissance de leurs aïeux à assurer la pérennité et la fertilité du groupe.

Sommet d'un mât des ancêtres Asmat


Les maro (ou tapas) : Il existe en Papouasie Nouvelle Guinée de nombreux types de tapas reflétant la grande diversité culturelle du pays.

La province d'Oro sur la pointe sud de la Papouasie est l'une des grandes zones de production de tapas.

Contrairement aux grandes étoffes polynésiennes, les tapas de Papouasie sont constitués de pièces de petites tailles ensuite assemblées selon les besoins. Ainsi, on obtient des couvertures pour se protéger des moustiques et du froid, des linceuls pour envelopper le corps des défunts ou encore des objets rituels tels que les masques.


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Mis à jour : 15/11/09